Kurt Leimer : Piano concertos N°2 et N°4. Une nouveauté discographique enivrante ! Schweizer Fonogramm

Les encyclopédies musicales ne sont guère avares avec l’une des figures majeures musicales du 20ème siècle Kurt Leimer (1920-1974). Heureusement, le livret de Graziella Contratto, productrice et cheffe d’orchestre, est fort bien détaillé pour mieux plonger dans cet univers musical méconnu.


Ce nouvel enregistrement est en tous points remarquables pour réhabiliter ce compositeur et ouvrir les mélomanes et pianistes à de nouveaux répertoires. Pianiste et compositeur autrichien d’origine allemande, il étudie le piano avec son grand oncle qui fût le professeur de Walter Gieseking.

Brillant pianiste, il débute une carrière de soliste, il est vivement recommandé très jeune par des chefs d’orchestre légendaires tels que Wilhelm Furtwängler ou Carl Schuricht avant d’étudier la composition auprès de Kurt von Wolfurt. Richard Strauss est enthousiaste devant le jeu du jeune prodige. Il laisse quatre concertos pour piano et orchestre dont un concerto pour la main gauche enregistré chez ce label à découvrir aussi et des œuvres pour piano conservées à la fondation Kurt Leimer à Zürich. Il fût professeur au Mozarteum de Salzbourg.

L’enregistrement est irréprochable. Réjouissant !
On y découvre deux concertos pour piano et orchestre écrits après la seconde guerre mondiale. Le deuxième date de 1947. Il possède trois mouvements. Le compositeur jongle avec les styles. L’écriture pianistique y est redoutable de virtuosité. On est emporté par le jeu irréprochable du jeune pianiste tchèque Robert Bily. Il domine toutes les difficultés de ces deux concertos avec une facilité déconcertante. Son toucher est le miroir d’une sensibilité extrême . Cet interprète est époustouflant. Il fait preuve d’une maturité rare. Ce deuxième concerto semble très éloigné de l’école viennoise. On y ressent par instants des réminiscences straussiennes, Hindemith, Bartók ou Korngold. Une très grande poésie illumine le second mouvement. C’est d’une beauté évanescente. Le troisième mouvement épouse des couleurs polytonales parfumées de chansons populaires. Il s’en dégage un caractère jubilatoire non éloigné de Chostakovitch. On y perçoit même un instant un czardas.

Le quatrième concerto fût créé à New-York au Carnégie Hall avec le compositeur au piano sous la direction de Leopold Stokowsky en 1957.
Écrit en un seul mouvement, ce concerto est un sommet dans l’écriture de Kurt Leimer. C’est une invitation à une balade qui parcourt l’histoire de la musique du baroque en passant par le déchaînement romantique d’un Richard Strauss aux rivages du jazz. C’est d’une beauté sans nom. Il épouse une forme plutôt classique. En une trentaine de minutes, ce concerto est un livre ouvert sur toute la littérature concertante pianistique de Bach à Gershwin… Quelle force et intensité se dégagent de ce concerto pour piano et orchestre. Il s’impose comme l’un des concertos pour piano majeurs du 20ème siècle. Ces deux concertos avaient fait l’objet d’un enregistrement légendaire du compositeur au piano avec Herbert Von Karajan, il y a 70 ans. Ce nouvel enregistrement apporte un souffle nouveau et jouissif. Kaspar Zehnder contribue à cette réussite générale. Sa direction est précise, attentive. Il met en lumières toutes les couleurs orchestrales de ces partitions qui fascinent. Sous sa direction, les musiciens tchèques offrent leur meilleur visage. Il ne fait qu’un avec Robert Bily. C’est juste époustouflant !
Serge Alexandre

Avec Robert Bily, piano et Royal Czech Symphonia : Kaspar Zehnder
Trailer : www.youtube.com/watch?v=VVC_nZdqtLM
www.schweizerfonogramm.com / www.Kurtleimer.ch

Serge Alexandre
Mis en ligne le Vendredi 13 Février 2026 à 02:22 | Lu 85 fois
Serge Alexandre
Dans la même rubrique :